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Capsules historiques

  • LE DEUXIÈME COLLÈGE DE BYTOWN EN 1852

  • LE COLLÈGE DE BYTOWN OUVRE SES PORTES LE 26 SEPTEMBRE 1848

  • L’Université accueille les chômeurs le 25 décembre 1931

  • L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA ET LA FRANCOPHONIE ONTARIENNE

Nous avons le plaisir de vous présenter notre quatrième capsule historique dans le cadre de l’érection du Monument de la francophonie à l’Université d’Ottawa.

Au début des années 1850, le premier bâtiment en bois du Collège de Bytown sur la rue Guigues ne suffit plus à la demande. Mgr Joseph-Bruno Guigues, premier évêque de Bytown et le fondateur de la maison d’enseignement, décide de construire un nouvel édifice beaucoup plus imposant que le premier.  En effet, il fait ériger sur Sussex, un grand immeuble en pierre de style palladien.  Le nouveau Collège de Bytown s’avère alors l’un des plus imposants de la Basse-Ville avec la cathédrale Notre-Dame et le palais épiscopal.

L’institution ne reste toutefois pas longtemps dans ce quartier car, dès le milieu du XIXe siècle, il n’y a plus de place pour de l’expansion. Comme les Oblats savent très bien que leur collège va grandir rapidement,  ils décident de déménager en 1856 dans la Côte-de-Sable sur le même site que l’Université d’Ottawa occupe aujourd’hui.  

Le deuxième Collège de Bytown sera par la suite un hôtel, une caserne militaire, un théâtre, puis deviendra l’Académie de La Salle, une école de langue française dirigée par les Frères des écoles chrétiennes. Le monument historique au 373, promenade Sussex est  désigné en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario et il accueille maintenant le Centre canadien de gestion.  

Quant à la première construction érigée en 1848, elle est démolie peu après le déménagement sur Sussex. Seule une plaque commémorative posée cent ans plus tard  sur un mur de pierre, par l’Association des anciens de l’Université d’Ottawa, rappelle le lieu du berceau de notre grande université.

 

Le 26 septembre 1848,  le petit Collège de Bytown ouvre ses portes dans la Basse-Ville de Bytown, devenue Ottawa en 1855. Son fondateur, Mgr Joseph-Bruno Guigues, le premier évêque catholique du diocèse de Bytown, ne se doute pas alors qu’il vient de fonder un établissement qui deviendra un jour l’une des plus grandes maisons d’enseignement du Canada et la plus ancienne et importante université bilingue en Amérique du Nord. En fait, les débuts du Collège Bytown situé sur la rue Guigues, à l’ombre de la cathédrale Notre-Dame, s’avèrent bien modestes. La grande maison est conçue pour accueillir moins d’une centaine d’élèves et une dizaine d’enseignants, tous des pères Oblats. L’institution offre alors aux jeunes garçons des cours au niveau primaire et élémentaire. Le curriculum s’inspire beaucoup des autres collèges classiques de la vallée du Saint-Laurent avec des cours de latin, de grec et de religion. Le Collège de Bytown se distingue toutefois de tous les autres par son bilinguisme.  En effet, toutes les classes se donnent en français le matin et en anglais l’après-midi. Pour Mgr Guigues il était essentiel que les deux groupes linguistiques de son grand diocèse, qui s’étire à l’époque des deux côtés de la rivière des Outaouais, apprennent la langue et la culture de l’autre.  Il voulait aussi que les deux groupes apprennent à vivre ensemble. Il ne fait pas de doute Mgr Joseph-Bruno Guigues serait très heureux de voir que, 165 ans plus tard, l’Université d’Ottawa reste toujours fidèle aux idéaux de son fondateur. On peut mieux connaître l’histoire de notre établissement en communiquant avec les Archives de l’Université d’Ottawa, au 100, rue Marie-Curie, salle 012 : www.archives.uottawa.ca.

  Dans les années 1930, le Canada connaît la pire crise économique de son histoire. En effet, le krach de 1929 touche tous les Canadiens. Les usines et les entreprises ferment les unes après les autres et le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter. Bien que la capitale nationale soit plus épargnée que les autres à cause de sa fonction publique, il ne faut pas croire que tous roulent sur l’or. Bien au contraire, on trouve à Ottawa plusieurs secteurs industriels liés notamment au bois et la transformation qui sont aussi touchés par la récession. C’est particulièrement le cas des quartiers francophones des plaines LeBreton, de la Basse-Ville et de Vanier qui comptent plusieurs ouvriers. En fait, durant la Grande crise, la vie s’avère très difficile pour plusieurs résidents de la capitale qui perdent leur emploi. L’administration oblate de l’Université d’Ottawa ne demeure pas insensible à toute cette misère. Par exemple, le 25 décembre 1931, on accueille chaleureusement dans l’ancienne chapelle de la Salle académique environ 150 chômeurs pour la traditionnelle messe de minuit et le réveillon de Noël. Par la suite, cette pièce au sous-sol servira à plusieurs reprises à des messes et à des retraites destinées aux sans-emploi qui devront vivre des jours difficiles, jusqu’au déclanchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939. Bref, l’Université d’Ottawa, déjà en situation financière précaire durant la Grande Dépression, n’hésite pas à faire sa part pour aider les plus démunis de la société.

Dans le cadre de la campagne de financement pour le Monument de la francophonie à l’Université d’Ottawa, nous aurons le plaisir de vous présenter, au cours des prochains mois, des capsules sur l’histoire de ce grand établissement situé au cœur de la capitale fédérale et de ses liens privilégiés avec la communauté franco-ontarienne. Voici la première capsule qui fait un survol historique.

Depuis le jour de  sa fondation en 1848 par Mgr Joseph-Bruno Guigues, le premier évêque catholique de  Bytown, l’Université d’Ottawa entretient des liens privilégiés avec les Franco-Ontariens et les Franco-Ontariennes. En effet, la maison d’enseignement bilingue, d’abord situé dans la Basse-Ville et à partir de 1856 dans la Côte-de-Sable, forme progressivement des francophones de l’Ontario, particulièrement dans le domaine des arts, de l’éducation, des sciences infirmières et des sciences sociales. Depuis 1965, année d’une importante restructuration, où les pères Oblats de Marie-Immaculée transfèrent leurs pouvoirs à un Bureau des gouverneurs, l’établissement se consacre à l’enseignement et à la recherche dans les deux langues officielles du Canada et développe des services et des programmes conçus expressément pour les francophones de l’Ontario.

De plus, l’Université d’Ottawa contribue au rayonnement culturel des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes, notamment  par ses rencontres sociales, ses journaux étudiants, ses troupes de théâtre, sa ligue d’improvisation, sa Société des débats français et ses nombreuses associations étudiantes.  Par ailleurs, au cours des dernières décennies, l’Université canadienne s’est ouverte à la francophonie en tissant des liens étroits avec les organismes franco-ontariens et en participant à diverses activités qui témoignent de la vitalité des francophones de l’Ontario et d’ailleurs.

Le Monument de la francophonie, au cœur du campus de la Côte-de-Sable, sera d’ailleurs un hommage à ceux et celles qui ont contribué, depuis plus de 160 ans, au développement de la francophonie ontarienne à l’Université d’Ottawa, la plus importante et la plus ancienne université bilingue de l’Amérique du Nord.

Par Michel Prévost, archiviste en chef de l’Université d’Ottawa